Une campagne nationale contre les « violences ordinaires » faites aux enfants


L'une des images de la campagne contre les violences éducatives ordinaires

Gifles, fessées, cris : depuis 2011, la Fondation pour l’enfance milite contre ce qu’elle appelle les « violences éducatives ordinaires ». Ce mardi, elle lance une campagne télévisée pour sensibiliser à cet enjeu de santé publique.

Une gifle, une fessée, des cris : autant de gestes qui pourraient bientôt être interdits, mais qui pour certains parents participent à la bonne éducation des enfants. La Fondation pour l’enfance, qui milite depuis 2011 contre ces « violences éducatives ordinaires », lance ce mardi une campagne de spots diffusés à la télévision et sur Internet.

Sur une musique désuète, pas de paroles, mais des images : une enfant en larme, un garçon qui se fait gifler… puis ces mêmes enfants devenus adultes. Et des slogans : « Frapper son enfant, c’est le marquer pour longtemps » ou encore « Crier sur son enfant, c’est le marquer pour longtemps ».

« Les spots sont très visuels, avec une musique qui date des années 50, pour montrer que ce sont des pratiques d’un ancien monde » (Dr. Gilles Lazimi)

« Il est encore permis de frapper un enfant »

Objectif de cette campagne : montrer que les violences verbales ou physiques ont de graves conséquences chez l’adulte. Car pour 75% des enfants maltraités, tout a commencé avec une fessée ou une gifle. « Aujourd’hui, heureusement, il est interdit de frapper un homme ou une femme, mais, incroyablement, il est encore permis de frapper un enfant sous prétexte de l’éduquer », détaille Gilles Lazimi, médecin généraliste, chargé de la coordination de cette campagne.

Une proposition de loi en écriture

Seule garantie possible pour faire bouger la tolérance : une loi. Une proposition de loi est en cours d’écriture, portée par deux députés, Maud Petit (MoDem) et François-Michel Lambert (LREM).  Le député des Bouches-du-Rhône promet que cette loi sera dissuasive, et pas punitive : « Ce n’est pas interdire : c’est donner un sens à l’éducation que nous voulons pour nos enfants dans la société française du 21e siècle », justifie-t-il. « On indique qu’aujourd’hui, l’éducation par la bien-traitance, c’est l’idée première que nous portons ».

Neuf parents sur dix sont bienveillants, selon Gilles Lazimi, et reproduisent simplement ce qu’ils ont vécu. Mais les enfants qui ne subissent aucune violence aujourd’hui feront des adultes apaisés demain.

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