Sexus economicus


Sexus economicus (1/4) : Histoire des rapports tarifés

 

58 MIN

Sexus economicus (1/4) : Histoire des rapports tarifés
ENTENDEZ-VOUS L’ÉCO ?
LE 25/06/2018

Le Consulat instaure le système de la tolérance : la prostitution n’est pas un délit tant qu’elle respecte les règles imposées par l’État et contrôlées par la police des mœurs. La prostitution ne doit pas être supprimée, car elle est un « mal nécessaire ». Jusqu’en 1946 et la loi Marthe Richard…

Premier jour de notre dernière série avant l’été intitulée : “Sexus economicus”. Aujourd’hui, nous revenons sur l’histoire des rapports tarifés à travers les âges. Et l’on note que des liens – plus ou moins visibles – relient l’histoire de l’intime et des mœurs, aux contraintes économiques et sociales de chaque époque. Des liens oscillant au gré de la morale, des cycles économiques et des difficultés qui en découlent inévitablement. Ainsi, le XIXe siècle va-t-il s’appuyer sur le droit et le système capitaliste en plein essor, pour organiser les diverses formes de prostitution, en fonction de critères  géographiques et socioéconomiques. Organisation à côté de laquelle persistent néanmoins des réseaux illicites et clandestins. De ces situations naissent différentes mises en marché des êtres, différentes pratiques et différentes conditions.Dès lors, si comme l’écrit Zola, les prostituées des périphéries descendent par vague vers les quartiers populaires de la capitale, elles n’ont que peu de chance d’y croiser les galantes et les courtisanes.

« Ce qui est frappant au XIXe siècle, c’est qu’il y a une compétition sociale entre hommes autour de la prostitution : avant, chaque sociale ou groupe avait son type de prostitution qui lui était associé, en fonction des revenus masculins. Au XIXe siècle, non seulement la prostitution est un enjeu entre hommes de masculinité voire de performance sexuelle […], mais aussi un moyen de montrer son statut social et sa capacité à dépenser – à gaspiller même – son argent. » (Lola Gonzalez-Quijano)

Sexus economicus (2/4) : L'érotisme industriel

 

58 MIN

Sexus economicus (2/4) : L’érotisme industriel
ENTENDEZ-VOUS L’ÉCO ?
LE 26/06/2018

Au XIXe puis au XXe siècles se constitue un marché de l’image pornographique qui se diffuse et se consomme dans le secrets des intimités. Mais à chaque époque la question du contrôle et de la censure tente de définir ce qu’il faut qualifier de « licencieux ». Cachez ce porno que je ne saurais voir….

Deuxième jour de notre dernière série intitulée « Sexus economicus ». Hier, nous avons retracé l’histoire des différentes formes de prostitution, notamment au XIXe siècle, moment privilégié de l’essor du capitalisme. Le capitalisme qui n’est pas innocent dans l’affaire, puisqu’il a su voir dans le sexe et ses représentations l’opportunité de créer de fructueux marchés. Ainsi, l’érotisme et la pornographie sont-ils presque devenus des industries comme les autres – de production et de diffusion – génératrices d’emplois spécialisés, évoluant au gré de multiples supports. Un secteur dont la spécificité réside dans les débats qu’il nourrit entre encadrement de l’Etat et liberté du consommateur.

« Les spécialistes d’économie des médias rencontrent des difficultés lorsqu’ils enquêtent sur la pornographie. Il y a une opacité qui est plus forte : quand on va à la chambre du commerce pour travailler sur les rapports des entreprises pornographiques, il y a moins d’informations. les pornographes sont aussi suspicieux des sociologues ou des journalistes qui viennent leur poser des questions. » (Florian Vörös)

Sexus economicus (3/4) : Sociologie des pratiques sexuelles

 

58 MIN

Sexus economicus (3/4) : Sociologie des pratiques sexuelles
ENTENDEZ-VOUS L’ÉCO ?
LE 27/06/2018

L’analyse sociologique de la sexualité vise à produire un discours autant sur la sexualité que sur la société qui produit les pratiques étudiées. Or, si les pratiques évoluent, les représentations, elles, restent encore souvent figées…

« La sphère de la sexualité n’est pas du tout indépendante des autres sphères sociales. Ce qu’on observe dans le champ de la sexualité reflète un certain nombre de rapports sociaux, de rapports de domination qui existent dans la société. […] Le social ne s’arrête pas à la porte de la chambre à coucher. » (Nathalie Bajos)

Troisième jour de notre série « Sexus economicus ». Hier, nous avons évoqué les spécificités des industries de l’érotisme et de la pornographie. Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur les enquêtes et les réflexions des sciences sociales sur les pratiques sexuelles. A la différence des études biologiques et médicales, l’analyse sociologique établit des liens entre les pratiques sexuelles et les mécanismes qui caractérisent les rapports sociaux. Une  approche qui permet donc l’élaboration d’un discours, tant sur la sexualité elle-même, que sur la société qui produit ces pratiques. Sans oublier la construction et l’influence de leurs représentations, qui reformulent sans cesse la question des rapports de genre et de domination.

« Parler de la sexualité aujourd’hui n’est pas possible sans parler de la construction sociale de la sexualité. Historiquement, elle s’est construite par le prisme de l’Eglise, […] par la condamnation de la chair et du plaisir […] entraînant une culpabilité et une régulation drastique de la sexualité des humains. » (Maryse Jaspard)

Sexus economicus (4/4) : Libération sexuelle et capitalisme

 

59 MIN

Sexus economicus (4/4) : Libération sexuelle et capitalisme
ENTENDEZ-VOUS L’ÉCO ?
LE 28/06/2018

Le droit à la liberté du choix du conjoint tout d’abord, de l’orientation sexuelle ensuite, est un droit très récent, surtout en ce qui concerne les femmes. Cette liberté enfin est toujours loin d’être totalement acquise, y compris dans nos sociétés…

Dernier jour de notre série intitulée « Sexus economicus ». Rapports tarifés, développement d’une industrie érotique et pornographique, sociologie des pratiques, cette semaine nous avons examiné la nature des liens entre sexe et capitalisme et l’analyse complexe que nous en offre les sciences sociales. Une réflexion sur la façon dont le capitalisme a  – accompagné et même capté – l’émancipation des mœurs et de leurs représentations. Ainsi la libération des sexualités est-elle inexorablement convertie par le capitalisme en libéralisation des corps et de leurs usages. Un corps que le capitalisme désacralise pour en faire un terrain d’expérimentation et d’échanges, une marchandise comme les autres…

Franceculture

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