Quelques conseils pour prendre soin de son microbiote vaginal


On l’appelait autrefois la flore vaginale. Depuis quelques années, des études ont mis en avant son rôle dans la bonne santé des femmes. Comment traiter au mieux son microbiote pour éviter de le déséquilibrer et risquer des maladies ? Faut-il prendre des probiotiques ? Faut-il faire des toilettes vaginales ?

Tour de la question avec Jean-Marc Bohbot, médecin infectiologue, Rica Etienne, journaliste, et Marie Veluire, gynécologue-obstétricienne et sexologue dans l’émission Grand bien vous fasse l’émission d’Ali Rebeihi.

Très innervé, auto-nettoyant… Le vagin est un organe magique

Jean-Marc Bohbot : « « Le vagin », « la vulve », on n’ose pas trop employer ces mots, mais il faut appeler un chat, un chat, et dédramatiser un peu. Le vagin, c’est le zéro et l’infini. C’est là que tout commence. C’est la première fenêtre du bébé qui va naître sur la vie.

Mais auparavant, c’est là que tout a démarré avec les spermatozoïdes, qui pénètrent dans le vagin. Mais comme le vagin n’est pas fermé, qu’il s’ouvre sur l’utérus, ils vont pouvoir grimper à l’intérieur de l’utérus pour retrouver l’ovule et pendant neuf mois concevoir un joli bébé. C’est donc une cavité respectable et indispensable à la santé des femmes. Mais pas seulement.« 

Rica Etienne : « Le vagin est auto-nettoyant, et à plusieurs dimensions. Pendant l’acte sexuel, il s’agrandit pour un certain confort, et lors de l’accouchement, il se dilate aussi pour laisser passer la tête de l’enfant… »

Jean-Marc Bohbot : « C’est un organe aussi voué à l’érotisme. Toute la zone du vagin et de la vulve est extrêmement innervée (8000 nerfs). Cela donne des sensations plutôt agréables. Mais la présence de tous ces nerfs explique aussi pourquoi dans certain cas, le vagin peut être douloureux.

Un déséquilibre du microbiote (ensemble de bactéries présentes dans le vagin) est un co-facteur aggravant d’autres maladies comme le papillomavirus qui tue trois femmes par jour en France. Un microbiote déséquilibré peut aggraver et pérenniser l’infection. Et augmenter son risque de transformation en cancer… »

Arrêter de fumer : pour prendre soin de son microbiote

Jean-Marc Bohbot : « Le tabac est l’ennemi numéro un du vagin. Les femmes qui fument ont moins d’œstrogène dans le sang donc moins dans le vagin. Les lactobacilles (germes qui jouent un rôle protecteur) n’ont plus le carburant nécessaire pour travailler. Je vois des femmes arriver qui ont été traitées pour des vaginoses récidivantes et personne ne leur a dit d’arrêter le tabac. 

A partir de quatre cigarettes par jour il y a un risque pour la flore ! Si elles arrêtent, en trois ou six mois, la flore se reconstitue, mais on peut les aider avec des probiotiques. »

Rica Etienne : « Le tabac est un facteur méconnu de déséquilibre du microbiote : les femmes fumeuses seront ménopausées deux ans plus tôt. L’effet du tabac se répercute jusqu’au vagin, c’est comme si les cellules vaginales étaient asphyxiées. Leur comportement n’est plus optimal. « 

Eviter de trop se laver ou de mal se laver pour le préserver

Rica Etienne : « Comme on l’a déjà dit, le vagin est auto-nettoyant. C’est pour cela qu’il ne faut pas faire de douche vaginale. Or dans les années 1950, les médecins les recommandaient, suivis par des laboratoires et des marques de cosmétique et d’hygiène. En revanche, la vulve doit être lavée avec des produits adaptés. » 

Jean-Marc Bohbot : « Parmi les produits à éviter : les produits d’hygiène intime pour les petites filles. Et pire encore : on a vu apparaître des produits de détox vaginale avec des décoctions d’herbes que l’on se met dans le vagin, ou le sauna vaginal qui envoie de la vapeur chaude avec des herbes. C’est monstrueux ! »

Toilettes intimes ni trop, ni trop peu.

Rica Etienne : « Une à deux fois par jour. En cas d’infection : on ne se lave pas plus, mais consulter. Et on n’utilise pas du savon de Marseille trop irritant. »

Jean-Marc Bohbot : « On prend des produits adaptés et on ne se lave pas qu’à l’eau : l’abus de toilette à l’eau peut aggraver la sécheresse vaginale. « 

Choisir un bon probiotique

Les antibiotiques ont une action nocive sur le microbiote vaginal, des probiotiques vont aider à le rééquilibrer.

Jean-Marc Bohbot : « Je prescris beaucoup de probiotiques, des organismes vivants que l’on ingère soit par voie buccale, soit que l’on met in situ. C’est d’ailleurs préférable in situ parce qu’on sait la dose que l’on met. Surtout, il faut prendre la bonne souche de lactobacilles. Plein de laboratoires en proposent, mais je conseille les probiotiques qui proviennent de ceux qui ont fait études cliniques parce que le corps d’une femme n’est pas la même chose que celui d’une souris… En tous les cas, la posologie doit être adaptée. »

Dormir SANS culotte

Rica Etienne : « Dormir le vagin « à l’air », c’est bien. » 

Jean-Marc Bohbot : « On ne dort pas avec son pull, ni avec ses gants… Il faut laisser respirer le vagin en dehors des périodes des règles. Si on ne veut pas dormir complètement nue, on porte des sous-vêtements amples. »

Pilule, stérilet pas d’impact

Jean-Marc Bohbot : « Les pilules n’ont pas d’impact sur le microbiote sauf si c’est très faiblement dosé en œstrogène. En revanche, les stérilets, en particulier ceux qui ne contiennent pas d’hormones, peuvent entraîner chez certaines au moins dans les premiers mois, un déséquilibre de la flore, mais avec quelques probiotiques on la rééquilibre. »

Tampons, serviettes, ou cup : pas de différence pour le microbiote

Jean-Marc Bohbot : « Les tampons, ou la serviette ne posent pas de problème. On a beaucoup parlé des tampons avec les produits chimiques qu’ils contenaient mais sur le microbiote, en matière médicale, il n’y a pas de différence visible 

On a dit que la cup protégeait à 100% de ce fameux syndrome du choc toxique que l’on retrouve chez les femmes qui portent des tampons trop longtemps. Mais ce n’est pas tout à fait vrai : on a également observé des cas avec la cup. »

Marie Veluire : « La cup ne pose aucun problème pour le microbiote. Les tampons, et les serviettes ont des produits dedans, mais on n’a jamais prouvé que cela avait des conséquences à part avec des tampons que les femmes gardaient trop longtemps. Et c’est extrêmement rare. Surtout dès qu’on a un problème : on consulte. »

Avec :

  • Jean-Marc Bohbot, médecin infectiologue et directeur médical de l’Institut Fournier
  • Etienne Rica, journaliste, pour leur livre Prenez soin de votre microbiote vaginal ed.Marabout
  • Marie Veluire, gynécologue-obstétricienne et sexologue, auteure de Je, tu, nous… Le couple, le sexe et l’amour ed.In press

Franceinter

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