Harcèlement sexuel au travail : elles ont osé porter plainte


« Dans les yeux d’Olivier », l’émission d’Olivier Delacroix, sur France 2, donne la parole à des femmes qui ont dénoncé des faits de harcèlement ou d’agression sexuelle au travail. Ces victimes témoignent pour inciter toutes les autres à en faire autant, malgré la honte et la peur de ne pas être crues.

Des témoignages de femmes qui ont porté plainte pour harcèlement ou agression sexuelle au travail. C’est à voir ce mercredi 19 juin sur France 2 : « dans les yeux d’Olivier », en deuxième partie de soirée. Avec Olivier Delacroix, l’homme aux dread locks et à l’écoute bienveillante. Il donne, ce soir, la parole à trois femmes qui ont osé parler. Il faut mesurer à quel point c’est rare. En France, une femme sur cinq déclare avoir été victime de harcèlement sexuel au travail. Mais seulement une sur cent se lance dans une procédure judiciaire. Les autres, la plupart du temps, ont trop peur que personne ne les croie, ou de subir des représailles professionnelles.

Le manque de preuves

Hélène avait vingt ans quand elle a intégré une petite PME, en contrat d’alternance à Strasbourg. Et rapidement, elle est devenue la proie du patron. Il la serre dans ses bras quand elle est embauchée, ses mains se baladent. Régulièrement, des mains aux fesses, sur la cuisse, sur les seins. Elle est tétanisée. Hélène finira pas démissionner. Et ce sera le début d’une prise de conscience très douloureuse. Des angoisses, des insomnies, des TOC. Plus aucune confiance en elle. Quand elle finit par en parler à ses amis, elle réalise la gravité de ces agressions sexuelles et décide de porter plainte. Et là, elle est contactée par deux autres anciennes salariées, deux autres victimes du même patron. Leur agresseur sera condamné à six mois de prison avec sursis, à leur payer des dommages et intérêts et à une inscription au fichier des délinquants sexuels. Amandine, une autre salarié qui a poursuivi son patron, dirigeant très réputé d’une cave à vin parisienne, raconte la banalité des blagues graveleuses dans son entreprise. Mais elle a aussi obtenu gain de cause devant la justice.

Le problème de ce type de dossiers judiciaires, on l’imagine, ce sont les preuves. Dans la plupart des cas, les plaignantes sont déboutées faute de preuve.  Et le témoignage de Laurence, à ce titre, est sidérant. Laurence travaillait dans une entreprise de BTP. Alors qu’elle vient tout juste de divorcer, son patron tente de l’embrasser. Elle a beau le repousser une fois, deux fois, dix fois, il revient à la charge, se fait de plus en plus pressant. « Je t’aurai à l’usure », lui dit-il un jour. Alors elle décide de l’enregistrer, avec son téléphone et d’apporter les enregistrements – accablants – à la police. Mais la justice a décidé de ne pas tenir compte de cette preuve : enregistrer quelqu’un sans le prévenir, c’est une atteinte à sa dignité. Néanmoins, l’avocate de Laurence est formelle : il faut porter plainte. Parce que les lignes sont en train de bouger. D’ailleurs, c’est bien ce que disent toutes ces femmes qui témoignent face à la caméra : elles le font pour les autres. Pour convaincre les autres victimes de franchir le pas.

Pour que la honte change de camp

Le mérite de cette émission, c’est d’insister sur le courage de ces victimes sans minimiser les difficultés qu’elles ont rencontrées. Hélène n’a jamais été aussi stressée de sa vie que pendant le procès, elle était couverte d’eczéma et ne dormait plus. Amandine, elle, a dû attendre cinq ans entre son dépôt de plainte et le procès. Quant à Laurence, celle qui avait enregistré son patron, elle a été licenciée pour faute grave après avoir dénoncé les faits… et a dû attendre, là aussi, plusieurs années avant que ce licenciement soit considéré comme abusif par les prud’hommes.

Il y a un point commun frappant entre toutes ces femmes. Porter plainte les a aidées à ne plus avoir honte. C’est à l’agresseur d’avoir honte, pas à la victime. Il faut que la honte change de camp. Et ça, il faudra sans doute le répéter encore longtemps.

► « Dans les yeux d’Olivier », mercredi 19 juin à 22h35 sur France 2. 

Franceinter

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