8 clés pour construire sa résilience


Par Flavia Mazelin Salvi

8 clés pour construire sa résilience

Mobiliser ses forces, serrer les dents, voir le côté positif… Parmi les attitudes à adopter pour relever la tête, nous en avons sélectionné huit particulièrement aidantes.

L’important, c’est que ça fonctionne. Telle est la phrase qui résume le mieux l’état d’esprit des professionnels de la psychologie aux États-Unis, toutes branches et courants confondus. D’où une profusion d’articles de chercheurs ou d’auteurs spécialisés recensant les études, les observations et les conseils sur tous les sujets. La résilience, qui est l’un des thèmes les plus étudiés, a fait l’objet de plusieurs compilations en forme de programmes par étapes. Celui que nous vous proposons est issu du travail de Brad Waters1, coach de vie, et Eric Barker2, journaliste.

1. Se préparer

Il ne s’agit pas d’anticiper tous les événements de vie difficiles, ce serait impossible autant qu’invivable, mais de se constituer (quand tout va bien) son kit de survie en milieu hostile. Concrètement, cela signifie faire l’inventaire de tout ce qui nous réconforte, remotive, apaise ou régénère lorsque nous n’allons pas bien : voir ses amis, méditer, marcher dans la nature, s’occuper de soi, se lancer dans un projet, faire un voyage, lire, écrire, prendre telle huile essentielle, se faire masser, aller chez l’acupuncteur, etc. À chacun d’établir sa liste de pratiques et d’activités spéciales « temps difficiles ». Ces ressources seront d’autant plus faciles d’accès, au moment où l’on en aura besoin, qu’elles auront été réfléchies et sélectionnées avec l’esprit clair et le cœur apaisé.

2. Identifier l’épreuve et l’accepter

La première chose à faire, lorsque l’on fait face à un événement de vie difficile, est de l’identifier comme une épreuve le plus tôt possible. Pour nous protéger, nous avons tendance à le minimiser ou, pire, à le nier. Or non seulement nier un problème ne le fait pas disparaître, mais cela affaiblit notre capacité à analyser, donc à réagir de manière judicieuse. Pour ne pas tomber dans le déni, rien de tel que de décrire les faits ou de les écrire comme si on faisait un compte rendu de la situation. Une fois la mesure de l’événement prise, reste à l’accepter : « D’accord, je suis en train de vivre ça » (nommez l’événement). Mais attention, il ne faut surtout pas confondre acceptation et résignation. C’est pourquoi il est important de garder à l’esprit que ce moment que vous vivez est un chapitre difficile du livre de votre vie, mais il n’est pas tout le livre. Cette distinction permet de ne pas être happé tout entier dans l’épreuve.

3. Réguler ses émotions

Une épreuve entraîne toujours une tempête émotionnelle. Lutter contre elle est contre-productif. Mieux vaut accueillir en conscience et en (se) les nommant les émotions qui jaillissent, avant de se recentrer grâce à des pratiques psychocorporelles comme la respiration antistress, la méditation de pleine conscience, des postures de yoga ou une pratique type qi gong ou tai-chi. Il se peut aussi qu’un grand calme succède à l’épreuve. Attention, ce peut être un effet de sidération. C’est le cas lorsque l’on se sent coupé de soi, tétanisé, dans l’incapacité de ressentir quoi que ce soit. Un temps de digestion est donc nécessaire avant de conscientiser l’épreuve et de l’accepter. Dans tous les cas, le bon calme ne peut advenir qu’après une régulation séquencée des émotions : accueil – identification – acceptation – apaisement.

4. Changer de regard

Une épreuve ne possède jamais une facette unique. Ce sont les émotions négatives extrêmes, nos peurs et nos croyances qui nous la font considérer à travers un seul prisme, forcément réducteur. C’est pourquoi il est toujours intéressant d’interroger l’épreuve pour savoir ce qu’elle a à nous apprendre. Sur nous, sur les autres, sur la vie. Il arrive que ce que l’on considère comme un coup du sort nous permette in fine de changer ce que l’on n’avait pas la force ou la lucidité de transformer ou de quitter dans sa vie. Cela n’est possible que si le regard que nous portons sur l’épreuve change.

5. Se faire aider et aider

Croire que l’on peut s’en sortir en ne comptant que sur soi est une illusion dangereuse. Demander des conseils et de l’aide est indispensable à la construction d’une résilience durable. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’aider est un puissant facteur de résilience. Apporter du soutien à quelqu’un qui ne va pas bien permet de mobiliser ses propres forces, de se décentrer momentanément de son problème et de dissiper le sentiment d’être seul avec sa souffrance. Enfin, pour les épreuves de vie insupportables, se faire accompagner par un professionnel est indispensable pour ne pas sombrer.

6. Travailler, s’occuper

Faire tourner en boucle les pensées focalisées sur le problème est quasiment de l’ordre du réflexe. Pour alléger son fardeau mental et émotionnel, rien de tel qu’occuper son esprit et ses mains à autre chose. Travailler, bricoler, cuisiner, jardiner, ranger, peindre, écrire, lire… Plus vous serez occupé, mieux vous rechargerez vos batteries physiques et psychiques, et moins votre problème, aussi douloureux soit-il, occupera tout votre espace.

7. Bien choisir son entourage

Les épreuves attirent les personnalités négatives comme des aimants. Mieux vaut le savoir pour ne pas confondre empathie et compassion avec manipulation. Nombre de personnalités toxiques se nourrissent des malheurs d’autrui pour établir des comparaisons en leur faveur, pour renforcer leur pessimisme dépressif ou redorer leur narcissisme en jouant au confident-coach. Dans l’épreuve, préférez ceux qui sont eux-mêmes résilients, ceux qui ont toujours été à l’écoute, bienveillants, soutenants et empathiques avec vous. Les autres ne deviendront pas meilleurs parce que vous allez mal.

8. Se faire confiance

Se dire que l’on est vivant, debout, après avoir reçu l’impact d’une épreuve de vie est en soi une victoire, et elle est à célébrer. Cela vaut surtout pour les épreuves qui ne touchent que soi (maladie, licenciement, rupture). Il est plus difficilement concevable de célébrer le fait d’être debout après la mort d’un être cher. Selon ce qui s’est produit, s’accorder un moment pour se dire « Cet événement ne t’a pas broyé, tu es toujours là » est bienfaisant. Cette attitude, qui augmente l’estime de soi et la confiance en soi, est plus profitable que celle qui consiste à lutter de toutes ses forces contre l’adversité, à la manière d’un taureau qui charge. Prenez donc le temps de vous féliciter et de vous encourager. Une conscience de soi affûtée est également un grand facteur de résilience. Mettez-vous à l’écoute de vous-même, soyez très attentif aux messages que vous envoient votre corps et votre esprit. Cela vous aidera à répondre à vos besoins de manière juste. Quoi que l’on vous dise ou conseille, écoutez-vous : il y a des moments pour craquer, d’autres pour reprendre des forces ou avancer.

 

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