Peur de l’abandon : comment en venir à bout ?


Peur de l'abandon : comment en venir à bout ?

La peur de l’abandon est liée à un profond mal-être et mal de vivre qui peuvent menacer les relations lorsque cette angoisse est trop forte. Comment la reconnaître et s’en défaire ? Entretien avec Saverio Tomasella, docteur en psychologie et psychanalyste.

“La peur de l’abandon survient le plus souvent sous la forme d’une angoisse envahissante lors d’une séparation, d’un départ en voyage ou d’une situation de rupture avec les habitudes quotidiennes”, constate Saverio Tomasella, docteur en psychologie, psychanalyste et auteur de Le Sentiment d’Abandon, aux éditions Eyrolles.

Cette angoisse de l’abandon se répercute sur les relations affectives. Elle naît suite à un abandon réel vécu dans la petite enfance. Celui-ci n’est pas forcément visible. “Un retard important à la crèche ou à l’école maternelle, un voyage un peu long des parents, la maladie, la dépression, le deuil d’un des parents, des maltraitances plus ou moins avérées, des rejets, des humiliations, etc”, liste le spécialiste de la psychanalyse. Certains abandons sont plus perceptibles: des parents qui démissionnent, qui se sentent incapables d’être des éducateurs ou pire, qui décèdent.

Reconnaître les symptômes de la peur de l’abandon

Pour se soigner, encore faut-il reconnaître son mal-être et comprendre les symptômes. Et ces derniers sont nombreux. On trouve surtout de l’anxiété, des angoisses, de la nervosité, une sensation de vide, du découragement mais aussi de la mélancolie et du désespoir, constate l’auteur. Plus grave, on peut percevoir des addictions et des dépendances qui se présentent sous toutes leurs formes: drogue, alcool, sexe, nourriture, médicaments ou encore sectes. Sans oublier les dépendances affectives. Cette peur amène la personne à adopter des comportements ou ressentir sentiments particuliers. “Le comportement le plus fréquent est la tendance à la fusion, le fait de s’accrocher à l’autre, de le coller, que ce soit dans une relation parent-enfant, une relation amicale ou amoureuse”, énumère-t-il.

Si l’angoisse est présente “en toile de fond”, la personne atteinte est stressée “à chaque fois qu’elle craint d’être de nouveau abandonnée”. La tristesse aussi est fréquente, “avec parfois l’impression de ne pas réussir à se réjouir comme les autres, à ne pas savoir s’amuser, rire, se laisser aller, tant la personne est sans cesse sur le qui-vive”.

Soigner le syndrome de l’abandon…

Soigner un syndrome de l’abandon est possible, “mais cela prend beaucoup de temps, car c’est une peur très profonde” avoue Saverio Tomasella. Elle se gère grâce à un professionnel à travers une thérapie, comme la psychanalyse, la gestalt-thérapie (approche thérapeutique qui vise à changer personnellement, de manière psychosociale et organisationnelle) ou encore l’hypnose.

…Pour éviter les conséquences

Guérir est important, car la peur de l’abandon entraîne des conséquences pour soi et pour les autres. Le patient est sujet à “une vigilance qui s’avère fatigante, une gravité aussi, une difficulté à faire confiance, un certain pessimisme relationnel, le risque de devenir jaloux, la peur d’être trompé, trahi”.

Pour l’auteur, cela peut devenir pesant pour l’entourage, voire étouffant pour la personne aimée de sentir quelqu’un s’accrocher à soi ou de devoir sans cesse le réconforter, le rassurer.

Et les répercussions vont jusqu’à menacer les relations quand “la peur est très forte, récurrente, envahissante et surtout lorsqu’elle pousse à demander sans arrêt des preuves d’amour. L’autre peut se lasser, ne plus savoir que faire, se sentir dépassé”.

 

Femme Actuelle

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