Les scientifiques ont-ils quelque chose à dire sur le bonheur au travail ?


Salariés heureux = entreprise en forme ?

Le bonheur au travail est-il devenu un critère réclamé par les salariés, une mode ou un enjeu de santé publique ?

Savez-vous ce qu’est un CHO ? Un Chief Happiness Officer, ou responsable du bonheur en français. Il serait devenu incontournable dans les entreprises… Un nouveau métier, une nouvelle fonction plutôt, inventée dans les années 2000 par un ingénieur de chez Google. La mission de ces « créateurs de convivialité », poste occupé au demeurant à 60% par des stagiaires : rendre les salariés heureux. Car un salarié heureux est un salarié plus impliqué, plus imaginatif et au final plus productif : + 31%, + 37% selon les cabinets d’étude qui rivalisent d’arguments, d’indices et de conclusions. Pas toujours scientifique selon Michel Guillemin, professeur émérite à l’université de Lausanne. Il publie son analyse ce mois-ci dans la revue de la Société Française de santé et d’Environnement.   

Les critères pour évaluer la santé au travail ont évolué

C’est vrai. Il y a longtemps que l’absence d’accidents ou de maladies professionnelles, deux critères reconnus internationalement, ne suffisent plus à la définir la santé.

Le bien-être spirituel au sens des valeurs morales et des qualités humaines est plébiscité, en particulier par les jeunes générations Y et Z (nés entre 1980 et 2000 et nés après 1995). Avec les évolutions technologiques, sociétales, organisationnelles, nous sommes devenus digitalisés et hyperconnectés. Revers de la médaille : le droit à la déconnexion est un indice de santé au travail !

L’uberisation conduit à la perte du droit à la protection sociale…. La robotisation, au stress de perdre son emploi… Encore des questions de santé au travail.

Alors, on fait quoi pour être heureux au travail ?

On commence par apprendre à mesurer le bonheur ! On prend exemple sur le Bouthan. Au pied de l’Himalaya, ce petit pays a décidé il y a près de 40 ans de remplacer le PNB par le BNB, le bonheur national brut. Un indice mesuré de façon mathématique et très rigoureuse avec des données comme le bien-être psychologique, l’emploi du temps, la vie communautaire, la santé, l’éducation, la culture, l’environnement.

On pourrait aussi, selon Michel Guillemin, mesurer le bonheur avec l’aide des neurosciences, en particulier la méditation dont l’effet bénéfique pour la santé mentale, la compassion, l’apaisement de la douleur physique est reconnu.

Richard Davidson, professeur de psychologie à l’université du Wisconsin (USA) explore de son côté le bonheur conçu comme un talent qui se cultive, se travaille, s’apprend.

Enfin, pourquoi ne pas développer la salutogénèse [du latin Salus/ santé] ?

Cette une science née il y a une trentaine d’années étudie la santé et le bien-être à partir d’un concept : le « sens de la cohérence ». Cohérence entre 3 plans :

  • la compréhension des événements de la vie
  • le sentiment de pouvoir gérer les événements
  • le sentiment que les événements ont un sens

Et si on appliquait la salutogénèse au travail… Pour qu’il nous rende heureux… Sans l’aide d’un DRH-Bisounours.

Franceinter

 

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