Du porno sans consentement


Aujourd’hui, plus de 100 milliards de vidéos pornos sont regardées gratuitement chaque année dans le monde.

L’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique a saisi le Procureur de Paris contre le site internet Pornhub.

Tous les contenus y sont accessibles sans la moindre demande de consentement, pas l’ombre d’un petit bouton où vous feriez semblant de confirmer votre âge et la quasi intégralité des contenus traduits en français, donc une politique spécifiquement orientée vers notre pays. On est mercredi. Trop d’enfants n’ont pas école pour que je vous lise ici les titres des vidéos en page d’accueil. D’une extrême trasherie. Avec, notamment, des déclinaisons à l’infini de très jeunes filles …. par leur « beau-père » ou par « le père de leur meilleure amie ». Fantasmes d’inceste et de pédophilie, à l’appui.

Je vous passe les effets sur nos gamins (c’est sur leurs téléphones mobiles), je ne suis pas qualifiée pour cela. L’association, elle, porte plainte pour faire avancer les choses. Ça fait des années que rien, rien ne bouge. Emmanuel Macron s’en est lui-même ému, il y a un an. Toujours rien.

PornHub est ce qu’on appelle un tube, géant du web gratuit né au mitan des années 2000 quand le marché du DVD s’écroulait. Aujourd’hui, plus de 100 milliards de vidéos pornos sont regardées gratuitement chaque année dans le monde. Or, ceux qui les mettent en ligne n’ont ni nom, ni visage. Ils sont hébergés dans des paradis fiscaux. Comme l’a révélé une enquête de la réalisatrice Ovidie, l’intégralité de leurs contenus sont piratés, volés. C’est du trafic illégal pur et dur. En outre, la pornographie était strictement encadrée à la télévision, dans la presse et les vidéoclubs. Là, nulle législation ne les atteint plus. D’où des pratiques ultra-violentes et humiliantes dans un marché du sexe sans garde-fou. Ni pour les spectateurs, ni pour les femmes qui en sont l’objet.

Ça n’en est pas moins hyper compliqué à filtrer. Lorsque des sites de piratage lambda sont fermés, ils rouvrent sous forme de sites miroirs. Ensuite, peut-on exiger des fournisseurs d’accès (pour qui c’est un énorme gisement de clics) qu’ils fassent le tri et bloquent sans ordonnance des sites de cul ? Ça les met en position de censeurs et pose la question des critères d’acceptabilité du sexe. Alors, faudrait-il demander des informations bancaires pour réserver des sites gratuits aux seuls majeurs ? Vous imaginez le fichier : qui est friand de quel genre de pratique en ligne ? Bref, casse-tête. Le gouvernement travaille. Mais le gouvernement ne trouve pas.

FranceInter

 

L’appel « solennel » des professionnels de santé contre les dangers de la pornographie chez les jeunes

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