Pourquoi les couples font de moins en moins l’amour


Si le sexe n’est pas le baromètre du couple, il constitue néanmoins une dimension essentielle de son intimité. Pourtant, selon une vaste enquête menée aux États-Unis, la fréquence des relations sexuelles diminue depuis une dizaine d’années.

Une étude américaine, qui date pourtant de 2016, continue à faire grand bruit parmi les chercheurs en psychologie sociale et en sexologie. Menée auprès de vingt-cinq mille hommes et femmes aux États-Unis, elle révèle que la moyenne des relations sexuelles est neuf fois moins importante aujourd’hui qu’à la fin des années 90. Le déclin est surtout important chez les couples mariés, qui affichent huit relations sexuelles par an. Ces chiffres ont fortement intrigué les chercheurs, qui ont redoublé leurs efforts pour comprendre l’origine de cette désaffection. Les résultats et l’analyse issue de leur travail méritent notre réflexion car elle questionne nos comportements en même temps que les mutations profondes de notre époque. Selon l’une des psychologues qui a commenté l’étude, Jean M. Twenge*, quatre causes seraient à l’origine de la baisse de la fréquence des relations sexuelles.

1- L’invasion des smartphones

Ils ne nous quittent pas et ils servent à tout : suivre l’actualité, travailler, se divertir, échanger… Rien d’étonnant à ce qu’ils soient de redoutables parasites dans l’intimité : ils nous interrompent, nous rendent distraits et donnent à notre partenaire l’impression qu’il n’est pas prioritaire. Cette hyper techno-présence sape le sentiment de se retrouver dans une bulle, nos alcôves sont ouvertes à tous les vents, et le désir qui rentre par la porte sort facilement par la fenêtre.

Le conseil : pratiquer régulièrement le jeûne du smartphone afin de (re)prendre l’habitude de finir ses phrases, d’écouter son interlocuteur et d’avoir le sentiment de débrancher vraiment quand on se retrouve sous la couette.

2- L’attractivité des divertissements

Jamais les sources de divertissement sociales et culturelles n’ont été aussi nombreuses et aussi variées, avec une nette domination de la consommation « facilitée » des séries et des films en streaming ou sur Netflix, visibles à toute heure du jour et de la nuit sur smartphone, ordinateur ou tablette. Résultat : pendant que nous suivons en haletant les péripéties du couple Underwood dans House of cards, nous négligeons le nôtre.

Le conseil : se fixer des jours pour regarder ses séries préférées et des limites (pas plus de X jours par semaine et de X épisodes par soirée) en commun accord avec son partenaire. C’est le seul moyen de freiner l’addiction et de conserver une plage de temps à vivre à deux.

3- Le sentiment généralisé d’insatisfaction

Nous sommes de plus en plus difficiles à contenter et ce, dans tous les domaines. Notre culture du l’hyperchoix et du confort nous a rendus extrêmement sensibles à la frustration. Résultat : quand les expériences, quelles qu’elles soient, ne sont pas optimales, nous rechignons à les réitérer. Cela vaut aussi pour la sexualité. Sans compter que la pornographie qui s’est banalisée au fil des années a imposé ses codes de performances techniques et ses critères physiques, ce qui peut avoir un effet décourageant, voire inhibant.

Le conseil : se donner les moyens (en temps, en volonté) d’avoir des relations sexuelles de qualité, c’est-à-dire qui correspondent aux envies de chacun en terme de pratique, de fréquence et de durée. Mieux vaut la qualité et l’intimité qu’une fréquence automatique et générant peu de plaisir.

4- Le poids du contexte socio-économique

Depuis dix ans, l’environnement social et économique dans lequel nous vivons ne s’est pas amélioré : crise économique, écologique, chômage, terrorisme… Les lendemains semblent incertains et l’anxiété généralisée pèse de tout son poids sur les esprits. Ce qui n’est pas de nature à entretenir le désir. Sans compter la pression quotidienne du travail dont on sait qu’il est devenu l’une des principales sources de stress et de préoccupation.

Le conseil : faire le choix de couper les infos de temps en temps, cueillir les petits plaisirs qui se présentent au quotidien, apprendre à se détendre, à mieux respirer pour gérer le stress et se créer régulièrement des bulles d’évasion et de plaisir avec son partenaire afin de remodeler un contexte plus favorable à l’intimité.

* Psychology today, mai 2017.  Étude publiée dans Journal of Sexual Medicine, 9,1497–1507 (2016).

 

psychologies.com

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