Contraception masculine : où en est-on ?


Par Maxime Lambert

Contraception masculine : où en est-on ?

En France, la charge mentale n’est que peu ou pas du tout répartie entre les femmes et les hommes au sujet de la contraception. Pourtant, les moyens contraceptifs masculins existent et certains organismes œuvrent pour pallier au manque de communication autour d’eux et pour tenter de les démocratiser.

La pilule masculine arrivera-t-elle un jour ? Depuis de nombreuses années, cette question se pose et le sujet de la contraception semble être essentiellement réservée aux femmes, alors que plusieurs alternatives existent déjà pour les hommes.

Autrefois, hommes et femmes étaient dans le même bateau

Dans les années 70, ces derniers étaient adeptes de la méthode du retrait. Citée par Glamour, Cécile Thomé, doctorante en sociologie de la contraception et co-auteure d’une étude parue en septembre sur le travail contraceptif invisibilisé des femmes, a déclaré à ce propos : « Il y avait cette idée qu’un homme qui incarne correctement la masculinité était celui qui savait ‘sortir à temps’ et ne pas faire trop d’enfants à sa femme« .

C’est lorsque la contraception est devenue un symbole des droits de femmes que les hommes s’en sont, semble-t-il, désintéressés et déresponsabilisés. De plus, lorsque les moyens contraceptifs se sont développés, « les connaissances médicales de l’appareil reproductif féminin étaient plus avancées » assure Mylène Rouzaud-Cornabas, doctorante en sociologie et co-auteure de l’étude également citée par Glamour. « Les hormones nécessaires à la fabrication des pilules étaient accessibles en plus grand nombre pour une production industrielle » ajoute-elle.

Pour Mylène Rouzaud-Cornabas, les moyens contraceptifs masculins n’ont jamais émergé et « un certain nombre de développements n’ont pas eu cours parce que les effets sur la libido ont été une raison suffisante à l’arrêt des essais, ce qui n’a pas été le cas pour les méthodes féminines ».

Des méthodes possibles qui ne semblent pas attirer l’attention

Pourtant, les méthodes de contraception destinées aux hommes existent bel et bien. Il est par exemple possible d’avoir recours à des injections hormonales hebdomadaires. Le slip chauffant permet par ailleurs d’augmenter la température des testicules afin de baisser la concentration de spermatozoïdes.

La vasectomie, entourée par un cadre légal en France depuis 2001, est également possible mais reste peu pratiquée, notamment car « les pouvoirs publics communiquent peu sur les méthodes définitives », comme l’explique Mylène Rouzaud-Cornabas. La France possède d’ailleurs l’un des plus bas taux de vasectomie des pays occidentaux. Il s’élève en effet à 0,8%, contre 22% au Canada, 21% au Royaume-Uni, 13,8% en Suisse, 8% pour l’Allemagne, l’Espagne et le Belgique, selon les chiffres de l’ONU. D’après une étude réalisée en 2017, 92% des médecins généralistes et 67% des gynécologues affirment recommander la vasectomie « rarement » ou « jamais » à leurs patients.

L’Ardecom (Association pour la recherche et le développement de la contraception masculine) collabore depuis un an avec le Planning Familial pour mettre en place des séances de sensibilisation sur ces moyens contraceptifs. « Si les hommes, les médecins, les pouvoirs publics en acceptent l’idée et la mise en pratique, la contraception masculine peut être utilisée dès aujourd’hui en alternance avec la contraception féminine et permet le partage des responsabilités et des risques » peut-on lire sur le site de l’association. Son initiative pourrait donc, à terme, permettre de rétablir le manque total d’équilibre entre les femmes et les hommes sur le sujet.

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